RAG 2012 – Etape 2 : une histoire de jardinage

des étendues désertiques avec peu de reliefs sur le rallye des gazellesC’est une étape longue. De celle qui requiert de la précision, bannit l’impatience et pénalisera la vitesse qui nous attire naturellement.

Car elle est bien là l’envie de gagner du temps sur ces étendues désertiques qui ne semblent pas présenter de difficultés. Démonstration en quatre paragraphes  que vitesse et précipitation ne sont pas nos meilleures alliées sur le rallye des gazelles.

Certes, on ne rencontre pas de franchissements sur ces grandes étendues désertiques, hormis quelques rares zones de sables ou d’herbes à chameaux que l’on traverse sans difficulté et sans report de cap. Alors on se fixe une règle pour conserver notre itinéraire vers le CP5 : nous nous arrêterons invariablement tous les 5 km pour reprendre le cap et vérifier les amers qu’on discerne dans la ligne d’horizon, très atténués par la brume de chaleur en ce début d’après-midi. Nous progressons donc plus lentement mais, pensons-nous plus sûrement. Et c’est donc très confiantes que nous sommes arrivées sur ce que nous pensions être « LE » point de notre balise. Confiantes mais pas totalement car en nous approchant de l’oued, on découvre bien une balise dans le lit de l’oued. Doutant un peu que ce soit la nôtre que nous avons placée avant l’oued et non pas au fond, je descends à pied pour interroger le pointeur, seul près de sa tente. Inutile de faire un détour pour approcher le 4×4 si ce n’est pas notre balise …. Aucune voiture du rallye des gazelles sur place pour nous renseigner et aucun bruit de moteur autour. La balise en question se révèle être sur un autre parcours de gazelles mais à cette heure, nous sommes encore optimistes. Il est tôt, nous avons bien roulé de façon méthodique et précise. Nous sommes en avance par rapport aux autres 4×4 de gazelles, donc impossible de comparer nos points. Nous allons donc recalculer notre position en nous repérant par rapport aux amers. L’oued bien sûr ainsi qu’une petite ville capée à environ 45° avec un front de montagne marqué face à cette ville. Notre triangulation se révèle un peu (trop) approximative car nous n’avons pas d’amer significatif en dehors de ceux-là. Nous évaluons notre position plus que nous la fixons de façon certaine. Si l’approximation et l’intuition peuvent être nos alliées sur le rallye des gazelles, parfois elles se révèlent mauvaises conseillères.

Probablement trompée par la balise de l’oued qui se trouve à gauche de notre position et convaincue que la nôtre se trouve dans la même zone, nous quittons notre point dominant au bord de l’oued et partons à gauche sur une distance d’environ 2 km. Nous avons repéré un petit monticule qui pourrait bien abriter notre balise, il pourrait correspondre à un point sur notre carte. C’est logique, avec notre triangulation, avec nos kilomètres et surtout avec notre envie que ça soit vrai !

Nous faisons le tour du monticule : nada ! On se pose, on repart, on va voir un peu plus loin. Je m’arrête, je réalise que nous avons déjà fait plus de 8 km pour rien, simplement en partant dans tous le sens dans l’espoir de trouver miraculeusement cette balise que nous savons proche. Zepur monte en haut d’un monticule, elle disparaît, elle est hors de ma vue, il fait une chaleur caniculaire, elle est partie sans eau. Dix minutes au moins se sont écoulées : je suis restée près de la voiture. Je klaxonne pour l’appeler, Zepur réapparaît au bout de quelques minutes et redescend au milieu d’un chaos de pierre et de blocs de rochers. Le parcours n’est pas très dangereux mais il est épuisant. Elle me rejoint, elle est déçue, elle n’a rien vu. Ce jour-là, je lui ai reproché gentiment d’être partie si longtemps et sans eau, alors qu’elle vide un quart de litre d’eau. Et toujours aucune voiture de gazelles, toujours aucun bruit de moteur. Nous revérifions notre point, nous sommes dans le bon carré et le point est bien là où nous l’avons posé. Alors ?

 

Alors, nous allons encore jardiner pendant 1 heure et demi, nous posant, réévaluant notre position, partant à pied en repérage pour éviter de rouler inutilement, avant de croiser enfin un équipage de gazelles. Elles repartent de leur balise, elles ne sont pas sur notre parcours mais elles nous indiquent notre point exact sur la carte. Nous sommes vraiment juste à côté de notre balise, et cela depuis près de deux heures ! Nous l’atteignons enfin mais ce jardinage nous vaudra 15 points de pénalité au moins compte tenu de tous les kilomètres que nous avons parcourus inutilement. Sur le rallye, on prend cher pour les kilomètres supplémentaires !

Descriptif de l’étape (source site officiel Rallye des Gazelles)

ETAPE 2 – Vendredi 23 mars

NEIJAKH / NEIJAKH – km idéal 175 km – temps minimum 10h30 – Étape en boucle

On y est … le terrain de jeu idéal pour la navigation.
Une étape qui demande une bonne lecture des cartes sur un plateau immense sans reliefs, sans nulle âme qui vive à l’exception de quelques dromadaires. La navigante devra garder l’œil rivé sur son compas et sa boussole. Le terrain est ici caillouteux et une bonne connaissance des capacités de franchissement du véhicule est primordiale pour la pilote. La vitesse sur cette journée est exclue pour celles qui souhaitent ménager leur monture. Gare aux choux-fleurs !!!
Bref les deux gazelles seront mises à contribution aujourd’hui et un dernier CP ramènera les équipages vers le bivouac, histoire de prendre toutes les forces nécessaires pour la première étape marathon de cette 22ieme édition.

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